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Définition complète — Fiscalité

IFI — Impôt sur la Fortune Immobilière

En résumé

L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) frappe le patrimoine immobilier net taxable d'un foyer au-delà de 1 300 000 € au 1er janvier, selon un barème progressif de 0,5 % à 1,5 %. Les terres agricoles y échappent en tout ou partie : un bien rural donné à bail à long terme est totalement exonéré lorsqu'il est exploité par un proche parent dans sa profession principale, et à défaut exonéré à hauteur de 75 % de sa valeur jusqu'à 101 897 €, puis de 50 % au-delà. Le même régime s'applique aux parts de groupements fonciers agricoles.

En bref

  • Dû par les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 € au 1er janvier
  • Barème progressif de 0,5 % à 1,5 %, inchangé par la loi de finances pour 2026
  • Biens ruraux loués par bail à long terme (18 ans minimum) : exonération de 75 % jusqu'à 101 897 €, 50 % au-delà (art. 976 du CGI)
  • Exonération totale si le preneur est un proche parent et exploite le bien dans sa profession principale
  • Parts de GFA ou de GFV non exploitants : même régime, sous réserve de les détenir depuis au moins 2 ans
  • Ces exonérations visent l'immobilier détenu : elles ne concernent pas les titres financiers, hors assiette de l'IFI

Qui paie l'IFI, et sur quoi

Créé en 2018 en remplacement de l'ISF, l'IFI ne taxe plus le patrimoine dans son ensemble mais sa seule composante immobilière. Il est dû par les foyers fiscaux dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 €au 1er janvier de l'année d'imposition, après déduction des dettes afférentes.

Le barème est progressif, de 0,5 % à 1,5 % par tranches, et la résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %. Ni le seuil ni le barème n'ont été modifiés par la loi de finances pour 2026.

Entrent dans l'assiette les immeubles détenus directement, mais aussi les parts ou actions de sociétés à hauteur de leur fraction immobilière. C'est ce qui rend le traitement du foncier agricole si structurant : sans régime dérogatoire, un patrimoine agricole serait imposé comme un patrimoine locatif urbain.

Les biens ruraux donnés à bail à long terme

L'article 976 du Code général des impôts organise deux régimes, selon l'identité du preneur.

Exonération totale. Le bien rural loué par un bail à long terme— d'une durée minimale de dix-huit ans, au sens des articles L.416-1 à L.416-9 du Code rural — est intégralement exonéré lorsque le preneur appartient au cercle familial du bailleur (conjoint, partenaire de PACS, concubin notoire, ascendants, descendants, frères et sœurs, et conjoints de ces derniers) etqu'il utilise le bien dans l'exercice de sa profession principale.

Exonération partielle.À défaut — c'est le cas courant d'un propriétaire qui loue à un agriculteur sans lien de famille — le bien est exonéré à hauteur de 75 % de sa valeur jusqu'à 101 897 €, et de 50 % au-delà de ce seuil.

Sur une propriété rurale valorisée 380 000 € et louée par bail à long terme à un tiers, la fraction de 101 897 € est ainsi exonérée à 75 % et le solde de 278 103 € à 50 %.

Les parts de GFA et de GFV

Le régime se transpose aux parts de groupements fonciers agricoles et de groupements fonciers viticoles non exploitants : mêmes taux, même seuil de 101 897 €.

Deux conditions s'y ajoutent :

  • les parts doivent être détenues depuis au moins deux ans avant le 1er janvier de l'année d'imposition — sauf lorsque les immeubles agricoles ont été apportés dès la constitution du groupement ;
  • les apports doivent être constitués d'immeubles ou de droits immobiliers à destination agricole, et non de numéraire.

Le délai de deux ans est la disposition anti-abus du dispositif : il interdit de loger un patrimoine dans un groupement au 31 décembre pour en sortir l'essentiel de l'assiette au 1er janvier.

Le pendant à la transmission

L'avantage IFI se double d'un régime de faveur aux droits de mutation à titre gratuit, prévu à l'article 793 bis du CGI et sensiblement élargi par la loi du 14 février 2025.

Pour les transmissions intervenues depuis le 15 février 2025, les biens ruraux loués par bail à long terme et les parts de groupements fonciers agricoles sont exonérés de droits de succession ou de donation à hauteur de :

  • 75 % jusqu'à 600 000 € si le bénéficiaire conserve le bien cinq ans (contre 300 000 € auparavant) ;
  • 75 % jusqu'à 20 000 000 €s'il s'engage à le conserver dix-huit ans ;
  • 50 % au-delà de ces plafonds.

C'est le levier patrimonial le plus puissant attaché au foncier agricole, et la principale raison pour laquelle il figure dans les stratégies de transmission familiale.

Les points de vigilance

Trois erreurs reviennent. La première consiste à croire que toute terre agricole est exonérée : sans bail à long terme, elle entre dans l'assiette pour sa valeur vénale.

La deuxième est de raisonner sur le seuil de 101 897 € comme s'il s'appliquait par parcelle : il s'apprécie sur la valeur totale des biens loués, ou par associé pour les parts de groupement.

La troisième est de confondre exonération d'IFI et absence d'imposition : les revenus tirés du fermage restent imposés comme revenus fonciers, et la taxe foncière sur les propriétés non bâties reste due par le propriétaire, sous réserve de la part conventionnellement remboursée par le preneur.

Dans l'écosystème Hectarea

Chez Hectarea

Les deux voies proposées par Hectarea ne se situent pas au même endroit de cette grille. L'investissement direct, où l'investisseur devient propriétaire de terres louées par bail rural de longue durée, relève du régime des biens ruraux décrit ci-dessus.

L'investissement en obligationssuit une autre logique : il s'agit de titres financiers, et non de biens immobiliers ni de parts de société immobilière. Comme le précise notre centre d'aide, les revenus perçus n'entrent pas dans l'assiette de calcul de l'IFI et il n'y a pas de taxe foncière à régler ; ils sont imposés au prélèvement forfaitaire unique.

Chaque situation patrimoniale étant particulière, ces éléments sont donnés à titre informatif et ne remplacent pas l'analyse de votre conseil fiscal.

Questions fréquentes

Les terres agricoles sont-elles soumises à l'IFI ?
Oui par principe, mais avec un régime de faveur. Une terre agricole détenue sans bail à long terme entre dans l'assiette de l'IFI pour sa valeur vénale. Louée par un bail à long terme d'au moins dix-huit ans, elle est exonérée à 75 % jusqu'à 101 897 € et à 50 % au-delà, voire totalement exonérée si le preneur est un proche parent qui l'exploite dans sa profession principale.
Quel est le seuil d'exonération de 101 897 € exactement ?
C'est le seuil prévu à l'article 976 du CGI qui sépare deux taux d'exonération : la fraction de valeur inférieure ou égale à 101 897 € est exonérée à 75 %, la fraction supérieure à 50 %. Il s'apprécie sur la valeur totale des biens ruraux loués détenus par le foyer, ou par associé s'agissant de parts de groupement foncier agricole.
Les parts de GFA sont-elles exonérées d'IFI ?
Elles bénéficient du même régime que les biens ruraux détenus en direct : 75 % d'exonération jusqu'à 101 897 €, 50 % au-delà. Deux conditions supplémentaires s'appliquent : les parts doivent être détenues depuis au moins deux ans avant le 1er janvier de l'année d'imposition, sauf apport d'immeubles agricoles à la constitution du groupement, et les biens doivent être donnés à bail à long terme.
À partir de quel patrimoine est-on redevable de l'IFI en 2026 ?
Au-delà de 1 300 000 € de patrimoine immobilier net taxable au 1er janvier. Le barème progressif va de 0,5 % à 1,5 % par tranches et la résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %. La loi de finances pour 2026 n'a modifié ni le seuil, ni le barème, ni les mécanismes de décote.
Quelle différence entre l'exonération d'IFI et l'exonération de droits de succession ?
Ce sont deux dispositifs distincts. L'IFI est un impôt annuel sur la détention : l'article 976 du CGI en exonère les biens ruraux à long terme à 75 % jusqu'à 101 897 €. Les droits de succession et de donation relèvent de l'article 793 bis : depuis la loi du 14 février 2025, l'exonération de 75 % s'applique jusqu'à 600 000 € en cas de conservation pendant cinq ans, et jusqu'à 20 millions d'euros en cas d'engagement de conservation de dix-huit ans.

D'autres questions sur la fiscalité de votre investissement ? Consultez le centre d'aide.

Sources et ressources

Les textes officiels sur lesquels s'appuie cette définition, et les contenus édités par Hectarea pour l'approfondir.

Mise à jour le 27 juillet 2026. Cette page est éditée par Hectarea à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.

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